mardi 30 avril 2013

D'abord estimé entre 120 et 160 millions d'euros, le Stade vélodrome aura un coût final de 893,5 millions

"Vélodrome : la bombe à retardement", tel est le titre d'un important dossier que France football consacre, mardi 30 avril, au stade marseillais actuellement en travaux. "Un coût qui grimpe mystérieusement, un loyer toujours pas fixé, des retards qui s’amoncellent et un club qui assiste, souvent impuissant, à ces dérives : le chantier de l’enceinte marseillaise regorge de situations explosives", écrit l'hebdomadaire. Extraits...


"[...] Juillet 2009. Conseil municipal extraordinaire de la ville de Marseille. Le sénateur-maire Jean-Claude Gaudin a l’oeil qui frise. Un contrat de partenariat entre la ville et un opérateur privé vient d’être voté. Le nouveau Vélodrome sera inauguré à l’été 2014. Au programme: couverture des tribunes, partie haute de la tribune Ganay refaite, tribune Jean-Bouin reconstruite, capacité poussée à 67.000 places, contre 57.000 actuellement, création de loges et sièges "à prestations". Mais aussi un nouvel ensemble immobilier avec tout le toutim (commerces, hôtels, logements…). Un cahier des charges cinq étoiles pour accueillir le Championnat d’Europe en 2016. Montant de l’opération estimé entre 120 et 160 millions d'euros.
"Un an plus tard. Nouveau conclave à la mairie. Cette fois, le portefeuille alloué au projet s’est transformé en camion de la Brinks. Le budget est désormais de 267,5 millions d'euros ! Une augmentation vertigineuse justifiée par un chantier occupé, un programme monté en gamme (avec notamment un stade annexe), des normes sismiques désormais respectées…

"[...] Une bonne opération pour qui ? Sans doute pour le consortium Arema – piloté par Bouygues (via sa filiale GFC Construction) – en charge de la rénovation. Pour arriver à boucler un tel projet, la ville, étranglée par la dette et pressée par la candidature de la France à l’Euro 2016, a sollicité un partenariat public-privé (PPP), ce fameux dispositif à la mode en France qui permet à une collectivité publique de confier à un opérateur privé le financement, la construction, l’entretien et l’exploitation de l’équipement. En contrepartie, la ville verse un loyer sur plusieurs décennies. La somme déjà colossale de 267,5 millions d'euros n’est donc que la partie émergée de l’iceberg si l’on décortique les chiffres. Dans cette opération, l’Etat débourse 28 millions, le conseil général 30 millions, la communauté urbaine 20 millions, le conseil régional 10 millions et la ville 47 millions. Viennent s’ajouter 30 millions de droits à bâtir autour du stade. Reste un solde d’une centaine de millions d’euros que préfinancera "généreusement" Arema. C’est là que l’affaire se gâte. Pendant trente et un ans, le consortium récupéra une redevance annuelle de 23,5 millions d'euros. Coût total du projet, à la calculette : 165 millions + (23,5 millions X 31) = 893,5 millions d'euros au minimum !
"[...] Sur les 23,5 millions d'euros de redevance annuelle que doit payer la ville, Arema récupérera directement 12 millions grâce au naming et à l’exploitation du stade (recettes des spectacles...). Restent alors 11,5 millions à sortir. Si la mairie compte sur une partie de ce naming (2 millions environ, ce qui n’est pas gagné quand on apprend que le mot Vélodrome demeurera), elle répartira les 9,5 millions restants entre le contribuable et l’OM pour s’acquitter complètement de sa dette.

"[...] A la mairie, le loyer exigé a fuité : 8 millions d'euros, plus de cinq fois le montant du loyer actuel (1,5 millions), pour financer "le toit" d’une maison qui n’appartient pas au club ! Réponse catégorique de Philippe Perez, directeur général de l’OM : "Jamais on ne paiera une telle somme. Jamais, c’est clair !"
"[...]  Quelle somme l’OM pourrait-il alors débourser ? Un loyer de 4 millions d'euros serait jouable grâce aux nouvelles recettes de billeterie. En revanche, dans ce cas, qui paierait les 5,5 millions restants ? De toute évidence, le contribuable marseillais ! Et il devra s’y habituer, car ce PPP, machine infernale, court sur trente et un ans, et il est incassable ! Même si l’OM met la main à la poche à hauteur de 8 millions (ce qui est fort improbable), qui est capable de prévoir la compétitivité du club en Ligue1 et des finances saines sur trois décennies ?"

3 commentaires:

  1. ça fait peur !!!!!
    Bon article

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  2. Cet article a t'il bien été écrit le 30 avril 2013 ou plutot en 2014 comme je le pense ?

    parce que sinon ca change tout, ca voudrait dire que l'OM est au courant des 8 millions de loyer depuis plus d'un an déjà.

    Ensuite pour ce qui est du cout du stade, le football c'est un sport qui n'enrichit que les footballeurs, tous les autres en crevent (télés, spectateurs, municipalités, président(e)s mécenes). A quand un football assaini avec l'arret de ses salaires démesurés pour des types qui ont comme seules compétences professionnelles, faire des efforts pendant 90 mn et taper dans un ballon, leur demander de dribbler ou de cadrer c'est déjà trop pour la tres grande majorité d'entre eux.

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  3. salut anonyme,
    non, cet article date bien de 2013 et il est notoire que l'om avait déjà refusé de payer 8 M à la ville pour un stade qui ne lui appartiendrait pas.
    et finalement, si je suis bien votre idée, vous rejetez la faute sur les footballeurs et le club le fait que la ville de marseille a bien mal négocié un contrat pour un édifice construit pour l'euro 2016, et pas pour l'om.
    avec ce genre de réflexion, je ne suis pas surpris que gaudin ait été réélu dans un fauteuil.

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Journaliste spécialisé dans l'actualité sportive, j'ai collaboré, entre autres, à So Foot, Libération, Radio France Internationale. Aujourd'hui, je suis particulièrement les politiques sportives au plan national et dans les collectivités locales pour Localtis.